L'architecture de la Dominique porte la marque de la rivalité franco-britannique, de l'économie de plantation et d'un climat tropical humide exposé aux cyclones. Le bois, la pierre volcanique et, de plus en plus, le béton en sont les matériaux principaux.
Le centre ancien de Roseau conserve un tissu de rues étroites bordées de maisons créoles à étage. Le rez-de-chaussée, souvent en pierre, abritait un commerce, tandis que l'étage en bois, réservé à l'habitation, s'ouvre par des persiennes et des jalousies qui laissent circuler l'air. Les balcons couverts, les toits à quatre pans et les lambrequins de bois découpé, qu'on appelle aussi « gingerbread », donnent à ces façades leur caractère. Beaucoup ont souffert des ouragans et des incendies, et leur sauvegarde reste un enjeu.
Les Britanniques ont édifié au dix-huitième siècle plusieurs ouvrages défensifs. Fort Young, à Roseau, a été transformé en hôtel. Au nord, la garnison des Cabrits, près de Portsmouth, regroupe autour du fort Shirley des casernes, des magasins et des batteries en pierre, en partie restaurés au sein du parc national des Cabrits. Ces vestiges témoignent de l'importance stratégique de l'île entre la Guadeloupe et la Martinique.
La cathédrale catholique de Roseau, construite au dix-neuvième siècle en pierre volcanique, domine la vieille ville. Les églises de village, souvent simples et peintes de couleurs claires, structurent les bourgs du littoral. L'Old Market, ancienne place de marché où se tenaient aussi des ventes d'esclaves, a été aménagée en espace piéton et commercial. Le jardin botanique de Roseau, créé à la fin du dix-neuvième siècle, complète ce patrimoine urbain.
Dans les vallées subsistent les restes d'anciennes habitations de plantation : maisons de maître, moulins, aqueducs et roues hydrauliques ayant servi au sucre, au café, puis au citron vert. Certains domaines ont été reconvertis en écolodges ou en sites de visite, d'autres sont envahis par la végétation.
Dans le territoire kalinago, le karbet, grande case collective au toit de feuilles, reste un modèle de référence, que l'on peut découvrir au village patrimonial de Kalinago Barana Autê. Dans les campagnes, l'habitat traditionnel prenait la forme de petites cases en bois posées sur des plots, que le parpaing a largement remplacées.
Après l'ouragan Maria en 2017, qui a endommagé une très grande partie des logements, la reconstruction a privilégié des normes paracycloniques plus strictes : toitures mieux ancrées, structures en béton armé, nouveaux quartiers d'habitat social. Le gouvernement en a fait l'un des volets de son projet de nation résiliente au climat.