Histoire de la Dominique

Longtemps disputée entre la France et la Grande-Bretagne, restée plus tardivement que ses voisines aux mains de ses habitants autochtones, la Dominique a suivi un parcours singulier dans l'histoire des Petites Antilles, jusqu'à son indépendance en 1978.

Premiers peuplements et Kalinago

L'île a été occupée par plusieurs vagues de populations venues d'Amérique du Sud, dont des groupes de langue arawak. À l'arrivée des Européens, elle est habitée par les Kalinago, que les chroniqueurs appelaient Caraïbes. Ils la nommaient, selon la tradition, Wai'tu kubuli, souvent traduit par « grand est son corps ». Vivant de l'horticulture, de la pêche et de la navigation en pirogue, ils ont opposé une longue résistance aux tentatives d'implantation européenne.

Le passage de Colomb

Christophe Colomb aperçoit l'île le dimanche 3 novembre 1493, au cours de son deuxième voyage, et lui donne le nom de ce jour de la semaine, Domingo en espagnol. Les Espagnols n'y fondent aucun établissement durable : le relief escarpé, l'absence d'or et l'hostilité des Kalinago les en dissuadent. Au milieu du dix-septième siècle, Français et Anglais conviennent même de laisser la Dominique et Saint-Vincent aux Kalinago.

Colonisation française

Ce statut ne résiste pas à la pression coloniale. Au dix-huitième siècle, des colons venus surtout de Martinique et de Guadeloupe s'installent sur la côte ouest, défrichent des terres pour le café et font venir des captifs africains. C'est de cette période que datent une grande partie des noms de lieux français et l'implantation du créole et du catholicisme.

Domination britannique

Le traité de Paris de 1763 attribue la Dominique à la Grande-Bretagne, qui y développe des plantations de sucre et fortifie l'île, notamment à Portsmouth avec le fort Shirley. Les Français la reprennent en 1778 et l'occupent jusqu'en 1783, avant de la restituer. En 1805, une nouvelle expédition française incendie Roseau sans parvenir à s'emparer de l'île.

Marrons et abolition

L'intérieur montagneux a servi de refuge à des communautés d'esclaves en fuite, les Nèg Mawon, dont les chefs ont mené des guérillas contre les planteurs jusque dans les années 1810. L'esclavage est aboli dans l'Empire britannique en 1834, suivi d'une période d'« apprentissage » close en 1838. La Dominique se distingue ensuite par une assemblée où les élus de couleur deviennent majoritaires dès le milieu du dix-neuvième siècle.

Colonie de la Couronne

Londres reprend progressivement le contrôle des institutions locales et fait de la Dominique une colonie de la Couronne à la fin du dix-neuvième siècle. En 1903, un territoire est réservé aux Kalinago sur la côte est. Après avoir été rattachée aux îles Sous-le-Vent, l'île passe en 1940 dans le groupe des îles du Vent, participe à l'éphémère Fédération des Indes occidentales (1958-1962), puis devient un État associé au Royaume-Uni en 1967.

Indépendance

La Dominique accède à l'indépendance le 3 novembre 1978, jour anniversaire du passage de Colomb, sous la forme d'une république membre du Commonwealth. L'année suivante, l'ouragan David ravage l'île. Eugenia Charles, Première ministre de 1980 à 1995, première femme à diriger un gouvernement dans la Caraïbe, déjoue en 1981 une tentative de coup d'État appuyée par des mercenaires étrangers.

Période récente

L'économie, longtemps dépendante de la banane, s'est tournée vers l'écotourisme et le programme de citoyenneté par investissement. La tempête tropicale Erika en 2015, puis l'ouragan Maria le 18 septembre 2017, ont causé des pertes humaines et des destructions considérables. Le gouvernement de Roosevelt Skerrit, en poste depuis 2004, a depuis affiché l'ambition de faire de la Dominique un pays résilient face au climat.