Les langues de la Dominique

La Dominique présente une situation linguistique originale dans la Caraïbe : un État officiellement anglophone dont une large part de la population parle un créole à base française, héritage de la colonisation du dix-huitième siècle.

L'anglais, langue officielle

L'anglais est la langue de l'administration, de la justice, de l'enseignement et de la presse écrite. Il est compris par l'immense majorité des habitants. L'anglais parlé à la Dominique a son accent et ses expressions propres, souvent influencés par le créole.

Le kwéyòl

Le kwéyòl, aussi appelé patwa, est un créole dont le vocabulaire vient principalement du français. Il est très proche des créoles de la Guadeloupe, de la Martinique et de Sainte-Lucie, avec lesquels l'intercompréhension est large. Longtemps dévalorisé, voire découragé à l'école, il bénéficie depuis les années 1970 d'efforts de promotion : orthographe normalisée, émissions de radio, journée du Jounen Kwéyòl et festival de musique créole.

Le kokoy

Dans le nord-est de l'île, notamment autour de Wesley et de Marigot, une partie de la population parle le kokoy, créole à base anglaise. Il a été apporté au dix-neuvième siècle par des travailleurs et des méthodistes venus d'autres îles anglophones, comme Antigua et Montserrat.

La langue des Kalinago

La langue des Kalinago n'est plus parlée comme langue maternelle depuis longtemps. Il en reste des noms de lieux, de plantes et d'animaux, ainsi que quelques mots passés dans le créole. Des initiatives culturelles cherchent à en préserver la mémoire.

Place du français

Le français est enseigné à l'école et la Dominique est membre de l'Organisation internationale de la Francophonie. La proximité de la Guadeloupe et de la Martinique entretient des échanges réguliers, commerciaux, familiaux et culturels, avec les îles françaises. Un visiteur francophone retrouvera de nombreux toponymes français, comme Roseau, Soufrière, Pointe Michel, Grand Bay ou Colihaut.

Quelques mots de kwéyòl

Pour saluer, on dit « Bonjou » le matin et « Bonswa » à partir de l'après-midi. « Sa ou fè ? » signifie « comment vas-tu ? », et « Mèsi » veut dire merci. La devise nationale, « Après Bondié, C'est la Ter », souvent traduite par « Après le bon Dieu, c'est la terre », illustre elle-même cette parenté avec le français.