Les mentalités dominiquaises reflètent la vie d'une petite société insulaire, rurale et montagneuse, marquée par l'histoire créole, la foi chrétienne et l'épreuve répétée des catastrophes naturelles.
La famille élargie reste le premier cercle de solidarité. Grands-parents, oncles et cousins participent à l'éducation des enfants, et les liens avec la diaspora, installée notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada et dans les Antilles françaises, sont entretenus avec soin. Dans les villages, chacun se connaît et la vie de quartier compte beaucoup.
La tradition du koudmen, littéralement le « coup de main », désigne l'entraide collective pour bâtir une maison, défricher un champ ou préparer une fête. Cette pratique, héritée du monde rural, a retrouvé tout son sens après les ouragans, quand les habitants ont dû reconstruire ensemble. La Journée nationale du service communautaire, le 4 novembre, en est une forme officielle.
La majorité de la population est catholique, héritage de la colonisation française, mais les Églises protestantes et évangéliques ont progressé. La pratique religieuse reste visible : messes du dimanche très fréquentées, chorales, fêtes patronales. Une communauté rastafari est également présente.
Le surnom de « Nature Island » n'est pas qu'un slogan touristique. Beaucoup de Dominiquais cultivent un jardin vivrier, connaissent les plantes médicinales et fréquentent les rivières. La protection de l'environnement, des forêts et du perroquet sisserou, oiseau national, est devenue un élément de fierté collective.
La courtoisie est attendue dans toutes les situations : on salue, on remercie et l'on s'adresse aux aînés avec respect. Les comportements ostentatoires ou impatients sont mal perçus. L'humour, souvent malicieux, accompagne la vie quotidienne.
Les ouragans David, en 1979, et Maria, en 2017, ainsi que la tempête Erika en 2015, ont profondément marqué les esprits. Ils ont renforcé un discours sur la résilience et une fierté nationale qui s'exprime pleinement lors de la saison de l'Indépendance, où le madras, le kwéyòl et les traditions créoles sont mis à l'honneur.