Le marché du travail dominiquais est marqué par la taille réduite de l'économie, par le poids de l'emploi public et par une émigration ancienne et continue. Les statistiques détaillées sont peu nombreuses et parfois anciennes, mais elles décrivent un pays où l'accès à un emploi stable reste difficile pour une partie importante des jeunes.
La population active compte quelques dizaines de milliers de personnes. Une large part travaille dans les services, le commerce et l'administration, tandis que l'agriculture, la pêche et la construction occupent encore de nombreux actifs dans les zones rurales. Le travail indépendant, notamment dans le petit commerce et les métiers du bâtiment, est très répandu.
Le taux de chômage est généralement estimé à un niveau élevé, supérieur à celui de nombreux pays voisins, et il touche particulièrement les jeunes et les habitants des campagnes. Les catastrophes naturelles, en détruisant plantations, commerces et infrastructures, ont provoqué à plusieurs reprises des pertes d'emplois brutales, suivies de périodes de reprise portées par les chantiers de reconstruction.
L'État est l'un des principaux employeurs du pays, à travers les ministères, les écoles, les services de santé et les organismes publics. Les grands chantiers financés par le programme de citoyenneté par investissement, comme la construction de logements ou d'infrastructures, soutiennent aussi l'activité de nombreuses entreprises privées.
Les relations de travail sont encadrées par une législation d'inspiration britannique, qui fixe notamment les règles relatives aux contrats, aux congés et aux licenciements. Un salaire minimum est fixé par voie réglementaire. Les syndicats, dont la Dominica Public Service Union pour les agents publics, occupent une place reconnue dans le dialogue social, en particulier lors des négociations salariales avec le gouvernement.
La Dominica Social Security gère le régime de sécurité sociale, financé par des cotisations des salariés et des employeurs. Il verse des pensions de retraite ainsi que des prestations en cas de maladie, de maternité ou d'accident du travail. La couverture reste toutefois incomplète pour les travailleurs informels et les petits indépendants.
Depuis les années 1950, de nombreux Dominiquais ont quitté l'île pour le Royaume-Uni, puis pour les États-Unis, le Canada et les îles voisines, en particulier la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin. La diaspora est aujourd'hui nombreuse et ses envois de fonds constituent un revenu important pour beaucoup de familles. Cette émigration prive cependant le pays d'une partie de sa main-d'oeuvre qualifiée, notamment dans la santé et l'enseignement.
Une part notable de l'activité échappe aux statistiques officielles : vente de produits agricoles sur les marchés, petits travaux, transport, commerce de proximité. Ces activités offrent un revenu d'appoint à de nombreux ménages, mais sans protection sociale complète ni sécurité de l'emploi.