Libertés publiques à la Dominique

La Dominique est généralement considérée comme une démocratie respectueuse des libertés fondamentales. Les élections sont régulières et pluralistes, la presse s'exprime librement et les droits garantis par la Constitution sont dans l'ensemble respectés. Des débats persistent cependant sur l'équité électorale, la polarisation politique et la protection de certains groupes.

Garanties constitutionnelles

La Constitution de 1978 protège la liberté d'expression, de réunion, d'association et de culte, ainsi que le droit à un procès équitable et la protection contre les discriminations. Les tribunaux, appuyés sur la Cour suprême des Caraïbes orientales et la Cour caribéenne de justice, peuvent être saisis en cas de violation de ces droits.

Liberté de la presse et médias

Le paysage médiatique comprend la radio publique DBS, plusieurs stations privées, des journaux et de nombreux sites d'information en ligne. Les critiques du gouvernement s'expriment ouvertement, notamment à la radio et sur les réseaux sociaux. Les procès en diffamation intentés par des responsables politiques sont parfois perçus comme une source de pression sur les journalistes et les opposants.

Vie politique et manifestations

Les manifestations sont autorisées et l'opposition organise régulièrement des rassemblements. Les tensions autour des élections générales de 2019, sur fond de revendications de réforme électorale, ont donné lieu à des heurts avec la police. L'opposition reproche au gouvernement l'utilisation de ressources publiques à des fins partisanes, ce que celui-ci conteste.

Droits des femmes

Les femmes occupent une place visible dans la vie publique : Eugenia Charles a été la première femme Première ministre de la Caraïbe, de 1980 à 1995, et Sylvanie Burton est présidente depuis 2023. Les violences domestiques demeurent toutefois un problème reconnu par les autorités et les associations, malgré l'existence d'une législation spécifique.

Droits des personnes LGBT

En 2024, la Haute Cour a déclaré inconstitutionnelles les dispositions pénales qui réprimaient les relations sexuelles entre hommes, héritées de l'époque coloniale. Le mariage entre personnes de même sexe n'est pas reconnu, et l'attitude de la société reste marquée par un fort conservatisme religieux.

Les Kalinago

Les Kalinago, descendants des premiers habitants de l'île, sont environ 3 000 et vivent principalement dans leur territoire, sur la côte est, où les terres sont détenues collectivement. Leur situation sociale reste plus difficile que la moyenne nationale, mais leur reconnaissance politique a progressé, comme l'illustre l'élection d'une présidente kalinago en 2023.

Pauvreté et accès aux droits

Une partie de la population vit dans la pauvreté, en particulier dans les zones rurales. Les catastrophes naturelles ont aggravé les difficultés d'accès au logement, aux soins et à l'emploi. Les programmes de logements publics lancés après l'ouragan Maria visent à reloger les familles les plus exposées.